Alexandre Nicolas, Humour Noir et Porcelaine

Alexandre Nicolas, Humour Noir et Porcelaine

 

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   « Je me prends pour un Pygmalion avant-gardiste et donne naissance à des sculptures qui sont comme vivantes. L’atelier est devenu un centre d’incubation : du cristal de synthèse remplace les couveuses à protection thermique ; les tubes à essais, les éprouvettes en pyrex sont remplis d’argile liquide ; mon ciseau de sculpteur supplante le bistouri. »A. Nicolas

 

Les propos d’Alexandre Nicolas, ici repris, sont tirés de sa rencontre avec Renaud Faroux, historien d’art en 2011

 

 

 

Artiste plasticien né en 1970, Alexandre Nicolas aime à s’emparer des mythes modernes pour modeler sculptures et inclusions stupéfiantes, dans des mises en scène parfois déroutantes.

Sa fascination pour le modelage des matières brutes le conduit à la découverte du cristal de synthèse. A la fois, transparent, lisse et solide, il lui permet de faire un instantané de notre société contemporaine.
« Figer mes bébés, c’est aussi leur donner un statut d’icônes, les déifier. Ils sont à la genèse de ce qu’ils vont devenir. Je les mets en scène comme une armée, un bataillon de mes fantasmes. J’ai un rapport étrange avec mes sculptures, une liaison de l’ordre de l’intime. Mon ambition est de faire comprendre que ces super-héros sont produits par une société qui voudrait nous rassurer mais qui en fait, cultive la peur. » A. Nicolas

 

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«  Les héros de mes mythologies contemporaines renvoient d’une façon violente à une réalité vécue par tous, marquée aussi bien par le fantastique, la bande dessinée, les avancées de la science, les expériences biologiques, la sexualité, la guerre, la mort comme le plaisir… » A.Nicolas

 

« Dans ses deux nouvelles séries de sculptures Alexandre Nicolas nous stupéfie par sa lecture perspicace et sans concession de notre vulnérable et délicieuse humanité.
Après nous avoir confronté aux « Super Héros » sous forme de nourrissons et de fœtus pour rendre la fragilité de leurs origines, à la genèse de leurs super pouvoirs, l’artiste propose aujourd’hui dans sa suite intitulée « Big Bang » des variations de figures cocasses à l’allure de bijoux précieux ou d’ex-voto contemporains.
C’est l’image de la mort qui se concrétise dans ses crânes sculptés en porcelaine à la délicatesse inestimable de l’ivoire faisant écho à l’irisation de la lumière des blocs de cristal. Désormais la matière première de ses sculptures est la céramique aérienne et diaphane née de la transformation de l’argile blanche de Saint-Yrieix-la-Perche connue mondialement depuis le XVIIIème siècle pour la finesse de son kaolin. Le sculpteur est ainsi l’héritier de cette lignée d’artisans et d’artistes qui ont fait la renommée de Limoges, le berceau français de la porcelaine. La danse macabre qu’il met en scène se déroule dans un feu à 1300 degrés puis se pétrifie dans des formes qui utilisent les illusions de la transparence, du vernis, de l’email, blanches et froides comme de la glace, gelées comme la mort. La grâce et la légèreté du matériau contrebalancent le poids de douleurs, de mal-être, d’inconfort qu’Alexandre Nicolas éveille par ses sujets qui jouent sur des principes de contraires : plein/vide, léger/lourd, opaque/translucide pour créer des notions comme l’absence, le désir, la disparition, l’impossibilité à demeurer. » R. Faroux

 

 

 

 

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